|
Iveco Daily Minivan 2.3 HPI 116 ch contre Peugeot Expert 2.0 HDI 120 ch
Mini-camion contre maxi-fourgon
Pour transporter jusqu’à 7 m3 de marchandises, le marché français offre une nouvelle alternative entre le robuste Iveco Daily Minivan, commercialisé depuis début 2009, et le confortable Peugeot Expert rehaussé, disponible depuis fin 2007. Entre le fourgon allégé et la fourgonnette bodybuildée, il y a matière à réfléchir avant de choisir, à la croisée de deux segments de marché.
L’un est tout nouveau, l’autre possède une certaine expérience. L’un habite plutôt la ville, l’autre préfère la campagne. L’un est plus docile, l’autre un peu rebelle. L’un est plus confortable que l’autre. L’un c’est le Peugeot Expert, l’autre le nouveau Iveco Daily Minivan. Aussi différents soient-ils, ils sont pourtant très proches. Ces deux fourgons tôlés possèdent en effet la même capacité de chargement, avec un léger avantage de 0,3 m3 pour l’Iveco. Ce dernier se démarque aussi du Peugeot par la forme plus carrée de son ouverture arrière. La faute à la rehausse de l’Expert qui empiète sur la largeur de chargement dans la partie haute. Le Minivan prend encore le dessus en termes de largeur d’ouverture des portes arrière avec303 mm supplémentaires. Idem pour l’ouverture latérale où il prend la main dans les deux dimensions, en largeur et en hauteur d’ouverture. Pour faciliter l’accès au chargement, les deux véhicules peuvent être équipés, en option, d’une seconde porte latérale, pour 350 € HT chez Peugeot, 1 105 € HT chez Iveco. Le Daily reçoit des poignées de maintien à tous les endroits stratégiques. La rehausse de l’Expert lui confère non seulement plus de longueur utile mais aussi plus de hauteur en utilisant l’espace situé au dessus de l’habitacle. Et pas qu’un peu puisqu’on ajoute quasiment 60 cm de plus. Cela veut dire qu’on peut introduire des tuyaux ou autres tubes de 2 640 mm dans l’Expert, ce que n’accepte pas l’Italien. La différence se fait aussi en regardant les dessous des deux engins. Le Minivan reprend l’architecture de son grand frère le Daily et utilise un châssis échelle très résistant alors que l’Expert est une caisse autoporteuse, plus typée automobile. Le revers de la médaille est que le Daily perd logiquement en charge utile face à son concurrent, plus léger à vide de quasiment 300 kg. Mais, le Minivan demeure mieux armé pour supporter des chargements importants que son rival, ce qui lui vaut la première victoire dans ce duel.
Sur la route, pas de déroute
Au volant des deux engins, on se sent tout de suite à l’aise. D’abord par la possibilité d’ajuster à sa guise la position de conduite, même si l’Expert possède un volant réglable contrairement au Minivan. Ensuite par la facilité de prise en main des véhicules. La direction est légère et précise. À noter que l’Iveco tourne mieux que le Peugeot avec un diamètre de braquage entre murs inférieur d’un mètre. Un point plutôt appréciable pour pouvoir virer de bord au plus juste sur un chantier. Côté manoeuvre, le Français se targue d’un radar de recul très effi cace et fort appréciable. La tenue de route des deux fourgons est sans reproche particulier. Plus haut sur pattes, l’Iveco est toute fois plus sensible au vent latéral. Un constat qui ne change pas beaucoup que l’on soit à vide ou en charge. En effet le Minivan, qui reçoit un essieu arrière semi-rigide, est très résistant à la charge et son comportement ne varie pas beaucoup. L’inconvénient est qu’il est un peu plus dur, surtout à vide, et donc plus sensible au mauvais revêtement de la chaussée que le Peugeot qui est, lui, très typé confort. Pas de soucis de freinage sur les deux engins qui possèdent des ABS efficaces. L’Expert, livré avec l’ESP, apporte une sécurité supplémentaire en matière de tenue de route. C’est donc le Peugeot qui emporte le match du point de vue de l’utilisation routière par son meilleur confort et ses équipements de sécurité très complets.
Des moteurs volontaires
Avec respectivement 120 ch et 116 ch sous le capot, les deux fourgons ne rechignent pas à la tâche. Même en charge, ils ne rencontrent pas de soucis. L’Iveco est toutefois un petit cran au dessus en matière de réactivité grâce à son couple disponible très tôt et sur une plage de régime assez importante. Le Minivan est ainsi plus agréable à conduire en ville et même en manoeuvre car le moteur reprend bien, même en sous-régime. Ce qui évite d’avoir à rétrograder trop souvent. Et dès que
« Le Minivan est plus réactif grâce à un couple disponible très tôt et sur une plage de régime assez importante. »
l’on emprunte des routes, voire des autoroutes, les performances des deux véhicules sont plus qu’appréciables. Pour éviter de mauvaises surprises avec la maréchaussée, mieux vaut alors enclencher le régulateur de vitesse qui équipe l’Expert. Le Daily est affecté d’une commande de boîte de vitesses un peu rugueuse, qui nécessite de bien décomposer les mouvements en évitant de passer les rapports à la volée. Grâce à son rapport de vitesse supplémentaire, le moteur HDI du Peugeot se montre moins bruyant dans toutes les situations de conduite. La qualité de l’insonorisation doit également contribuer à rendre le Peugeot plus supportable aux oreilles. Question passage à la pompe, les arrêts seront plus fréquents avec l’Italien. Et cela pour deux raisons : son moteur est plus gourmand et son réservoir plus petit. Au final, l’Expert emporte la manche côté motorisation grâce à son meilleur agrément à l’usage.
Un conducteur soigné
Dans le segment A2, les utilisateurs semblent attacher une plus grande importance à la conception de l’habitacle que ceux des autres segments. C’est un argument qu’a relevé Iveco lors des études marketing qu’il a menées. Le constructeur s’est donc attaché à proposer un habitacle accueillant et pratique. Le résultat est partiellement atteint. Certes, il n’y a rien de dramatique, mais les plastiques utilisés sont de moins bonne qualité que ceux que l’on trouve dans l’habitacle de l’Expert. En outre, leur assemblage est perfectible. De même, les commandes sont moins ergonomiques pour l’Italien que pour le Français. Exemple : l’utilisation de l’ordinateur de bord de l’Iveco n’est pas très conviviale et les boutons, situés à droite du volant ne sont pas très visibles. Il faut y aller à tâtons si on ne veut pas détourner le regard de la route afin de trouver le bon poussoir. Les deux véhicules possèdent un levier de vitesse placé au tableau debord ce qui permet de dégager suffisamment de place pour installer les passagers dans de bonnes conditions. Mais l’Italien qui possède trois places, contre deux pour son rival, marque ici un point. Quand on prend place aux commandes, on apprécie les réglages multiples du siège et leur confort. Le Minivan présente une position de conduite typée plus « utilitaire» avec un volant plus horizontal que celui de l’Expert. Reprenant ce qu’il sait faire pour des modèles plus gros, Iveco n’a pas hésité à proposer un siège conducteur suspendu (option à 235 € HT).
« Grâce à son rapport de vitesse supplémentaire, le moteur HDI du Peugeot se montre moins bruyant. »
Avec son tarage réglable en fonction du poids, celui-ci assure une bonne filtration des mouvements de caisse. Une option fortement recommandée puisque les suspensions à lames se montrent moins efficaces pour absorber les irrégularités de la route que pour supporter la charge. Sort donc vainqueur côté confort, le Peugeot Expert.
Des habitacles fourre-tout
À l’intérieur, la différence se fait par la qualité des matériaux choisis. Plus typé « automobile », l’Expert affiche une finition supérieure avec des assemblages de meilleure qualité. Il reçoit également une boîte à gants qui ferme à clef contrairement au Minivan. Seul bémol à l’intérieur du Peugeot : des accoudoirs trop petits. L’habitacle de l’Iveco se rattrape par un côté pratique indéniable. On y trouve un espace de rangement très appréciable au dessous des sièges, qui sont placés très en hauteur. De quoi loger facilement une caisse à outils, les deux ou trois sacs des occupants ou autres objets encombrants. Choses difficiles à caser dans l’Expert, même celui-ci dispose d’un volume intéressant en capucine. C’est donc le Minivan qui emporte cette manche.
Conclusion
En arrivant sur un segment où il n’était pas encore présent, le constructeur Italien a voulu frapper fort et s’est donné les moyens de ses ambitions. Mais l’Expert s’avère un concurrent très sérieux sur quasiment tous les terrains. Au final, nous pencherons tout de même pour le Minivan pour ses aptitudes à la charge plus importantes et pour son prix plus attractif. |