Un VU plus fort pour Dark Vador
Légèrement restylé, le Crafter conserve le caractère affirmé de sa face avant dont les traits rappellent irrésistiblement le masque de Dark Vador. Grâce à ses nouveaux moteurs, le Crafter affiche des performances à la hausse, mais des consommations et des coûts d’entretien à la baisse. La force est avec lui.
De loin, ce nouveau Crafter est difficile à distinguer de son grand frère. En s’approchant, l’air de famille continue de sauter aux yeux, mais de légères subtilités lui donnent son caractère générationnel. Désormais, la grille de sa calandre dessine des horizontales tendues. En contrebas, le cache avant noir stabilise ses lignes et dessine un sourire sur un visage adouci. En se rapprochant du design des autres utilitaires de la marque, le Crafter troque le face obscure contre le côté lumineux de la force. Bref, le nouveau Crafter a la banane. Et pour cause : entre 2006 et 2011, il s’est vendu à 200 000 exemplaires. Numéro trois sur le segment allemand des utilitaires lourds, il engrange 6 % de parts de marché sur le territoire européen. Objectif assigné à cette nouvelle génération : devenir l’un des trois premiers sur le marché européen des utilitaires lourds et conquérir une part de marché à deux chiffres. Pour respecter ce plan de route ambitieux, les ingénieurs ont mis les bouchées doubles. Si le design reste dans la lignée des anciennes générations, la vraie nouveauté se trouve sous le capot. Volkswagen reprend les moteurs TDI des Caddy, Amarok et T5, mais les a boostés avant de les monter sur le châssis du Crafter. Ces nouveaux turbodiesels sont disponibles en trois niveaux de puissance et ce, de 109 ch (80 kW) à 163 ch (120 kW) en passant par 136 ch (120 kW). Injection Common Rail et suralimentation turbo ou bi-turbo, ces nouveaux TDI affichent des consommations à la baisse. Volkswagen annonce jusqu’à 33 % d’économies par rapport aux anciens turbodiesels à cinq cylindres.
Un utilitaire puissant, mais sobre
Volkswagen insiste sur les performances de ces nouveaux moteurs en termes de consommations et de coût d’utilisation. Pour frapper les esprits, la marque du peuple affirme que l’ancien Crafter permettait de réaliser le trajet de Berlin à Zurich avec un seul plein alors que le nouveau permet de pousser jusqu’à Florence. Plus prosaïquement et selon les moteurs retenus, l’économie va de 1,9 à 3,6 litres aux 100 kilomètres. Bénéfice collatéral, les émissions de CO2 ont été réduites de 33 % en moyenne. Disponible en option au tarif de 395 euros nets, la technologie BlueMotion (Start-Stop, récupération d’énergie au freinage et à la décélération) permet d’économiser 0,8 litres supplémentaires aux 100 kilomètres.
Un coût d’utilisation compétitif
Toujours réalisé en partenariat avec Daimler, le Crafter n’est autre que le frère jumeau du Sprinter. Des liens familiaux qui ne brident pas l’émulation. Bien au contraire. Volkswagen a réalisé un essai comparatif du couple de son nouveau bébé avec celui du Sprinter. Verdict des ingénieurs : un gain de 20 % par rapport à la concurrence. Même si cette déclaration est réalisée pro domo, il faut bien reconnaître qu’au volant, le Crafter Van 30 2.0 TDI CR 136 ch tient ses promesses. Les reprises sont franches et le fourgon affiche un comportement routier particulièrement étonnant au regard de ses mensurations. Au passage, ce nouveau Crafter voit sa charge utile augmenter de 82 kg, soit 10 % de plus par rapport à son aîné. Disponible en quatre longueurs, trois hauteurs et trois charges utiles, cette nouvelle génération est disponible en 400 versions au total. Reste le prix. Nous sommes dans le haut du marché et la qualité allemande se paie. Il n’en reste pas moins qu’avec des coûts de carburant et de maintenance en baisse de 25 % par rapport à l’ancienne génération, ce Crafter affiche un coût d’utilisation qui le rend compétitif par rapport à la concurrence. De plus, Volkswagen ne casse pas les prix sur le marché du neuf, une stratégie rigoureuse qui permet de valoriser le Crafter sur le marché de l’occasion. Si la qualité allemande se paie à l’achat, ce surcoût est amorti sur la durée.
par Eric Gibory |