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Avec 107 points, le Nissan NV200 emporte le trophée 2010 du Van of the Year. C’est son exceptionnel rapport volume utile/encombrement qui a séduit les jurés.
En recueillant 107 points, le Nissan NV200 a été élu International Van of the Year 2010, devant l’Iveco Ecodaily (76 points), le Volkswagen Transporter (51 points), le Mercedes-Benz Sprinter (30 points) et le Ford Transit Connect (10 points). Alors que tous ses concurrents pour le trophée étaient des évolutions de modèles préexistants, le Nissan est un nouveau produit, entièrement conçu par le constructeur japonais comme le premier élément d’une gamme d’utilitaires spécifiques.
Le Nissan NV200 en video
Mais ce n’est pas la principale raison de son élection. S’il a séduit les jurés, c’est pour son étonnant rapport encombrement/volume utile. Avec un PTC de 2 t et une longueur hors tout de 4,4 m, le NV200 affiche en effet un espace de chargement de 4,16 m3, soit 25% de plus que le meilleur de ses concurrents. Étroit, puisqu’il mesure seulement 1,7 m de large rétroviseurs rabattus, c’est en hauteur que le NV 200 trouve une partie de son espace. Il affiche en effet 1,86 m sous la toise.
La chasse au cm3
Pour gagner un maximum de cm3 lors de la conception du NV200, Nissan a avancé et rehaussé le poste de conduite des voitures particulières issus de la même plate-forme (Nissan Micra et Note, Renault Clio), placé le réservoir de carburant sous le siège passager et optimisé l’encombrement de la suspension arrière. Le véhicule devait, quoi qu’il en soit, préserver son étroitesse pour satisfaire aux réglementations nippones en matière de circulation des utilitaires urbains.
Au final, l’espace de chargement du NV200, quasi cubique, affiche les dimensions maximum suivantes : 2,04 m de longueur, 1,5 m de largeur (1,22 m au niveau des passages de roues), 1,36 m de hauteur (seuil de chargement de 524 mm). À noter que le volume maxi est atteint en repliant le siège passager, dont le dossier peut supporter une charge de 80 kg, après avoir fait pivoter la cloison de séparation (option). Grâce à cette manipulation, la longueur utile maximale atteint 2,8 m. Deux portes latérales coulissantes dégagent en série des ouvertures de1 171 x 693 mm. Pour charger les deux europalettes permises en volume, il faut passer par les portes arrière asymétriques qui s’ouvrent à 90 ou180 °. Six crochets d’arrimage sont fixés à demeure sur le plancher pour bien caler le chargement. Une option permet de disposer également de rails latéraux sur lesquels de nouveaux crochets amovibles peuvent être installés.
« Derrière un gabarit très urbain, le NV200qui cache un volume utile de plus de 4 m3. »
À partir de 13 250 €
Le poids à vide varie de 1 217 à1 269 kg pour une charge utile maximale de 783 kg. Les versions les plus légères sont les plus dépouillées (finition basique Visia) et sont motorisées par le quatre cylindres essence Nissan de 1,6 l et 109 ch. Ce groupepermet au NV200 d’afficher un prix d’attaque à13 250 € HT. Il faut verser 1 000 € de plus pour passer au diesel, en l’occurrence le 1,5 l Renault qui équipe aussi le Kangoo ou les Dacia Logan. Ce quatre cylindres est conforme à la réglementation Euro 4 avec sa rampe commune d’injection. Il sera muni d’un filtre à particules pour passer le cap d’Euro 5. Il permet une charge utile de 752 ou 731 kg. Il délivre 86 ch pour un couple maxi de 200 Nm à 2 000 tr/mn. C’est un peu juste pour des usages extra-urbains. Un réglage plus dynamique de ce moteur devrait apparaître au catalogue par la suite ainsi qu’une boîte six vitesses. Pour l’instant, la puissance est passée aux roues avant par l’intermédiaire d’une transmission manuelle à cinq rapports, avec levier au tableau de bord. La suspension avant repose sur un berceau séparé. Compacte, elle est conçue pour être la moins bruyante possible tout en offrant une tenue de route et une transmission de puissance à la fois fiable et confortable. Elle comprend des freins à disques ventilés. À l’arrière, l’essieu rigide avec suspensions à lame a été choisi pour sa compacité et sa résistance au chargement. Ici, les freins sont à tambours. Un choix technique un tantinet archaïque, compensé par l’ABS avec répartiteur électronique ainsi que l’assistance au freinage d’urgence. L’anti-renversement ESP est en option. Les petites jantes de 14 pouces déséquilibrent un peu la ligne du véhicule qui, du fait de sa hauteur, se montrera sans doute sensible auvent latéral.
Sobriété intérieure
L’habitacle habillé de matériaux facilement lavables ne comporte que deux sièges, peu d’espaces de rangements mais de nombreuses astuces : porte-cartes au dos des pare-soleils, crochet porte-manteaux, compartiment secret dans la boîte à gants, tiroirs sous les sièges, console centrale permettant de caler des dossiers A4. Deux porte gobelets et des bacs de portière trop chiches complètent un tableau un peu décevant. Réglable en hauteur, le volant associé aux réglages du siège conducteur permet de trouver facilement une bonne position de conduite en hauteur, qui dégage une excellente visibilité.
« Nissan prévoit d’écouler environ 35 000 NV200 par an en Europe. »
Ajouter à cela une direction assistée électrique et un diamètre de braquage (entre trottoirs) de 10,6 m et le Nissan NV200prouve bel et bien sa vocation urbaine. À l’intérieur, on passe facilement d’un siège à l’autre pour choisir sa porte d’entrée en fonction des conditions de parking. Le panneau d’instrument très sobre comporte un unique cadran de vitesse, à gauche duquel sont regroupés les différents voyants d’alerte. À sa droite se trouve l’écran à cristaux liquides de l’ordinateur de bord, qui fait aussi office de compte tours. L’accessibilité et la lisibilité des informations sont malheureusement assez faibles. En contrepartie, le conducteur peut régler lui-même un avertisseur de changement de vitesses qui lui permettra de rester dans les plages les plus économiques. De quoi oublier l’absence d’un véritable compte-tours. À noter d’ailleurs que l’écran monochrome de l’ordinateur de bord peut être remplacé, en option, par une version couleur associée à une caméra de recul qu’on trouve déjà sur les automobiles de la marque. Nissan propose également sur leNV200 le système « Intelligent Key »qui permet de remplacer la clé de contact par les capteurs de la télécommande à l’ouverture et à la fermeture du véhicule. Le réglage des rétroviseurs électriques est assuré par une palette située à la base du tableau de bord. Plus bas, on trouve les manettes de déverrouillage du capot avant et de la trappe du réservoir de carburant, qui contient jusqu’à 55 litres.
Version combi
Pour le transport de voyageurs ou les activités mixtes, le NV200 sera proposé courant 2010 en version combi comptant jusqu’à sept places. L’espace aux genoux est le meilleur de la catégorie, selon Nissan, avec 667 mm pour le conducteur, 564 mm pour les places du deuxième rang et 478mm pour celles du fond. Les sièges de la deuxième rangée se plient vers l’avant tandis que ceux de la troisième, boulonnés sur les passages de roues, s’escamotent latéralement afin de libérer le maximum de surface de chargement quand c’est nécessaire. La finition de la version combi sera supérieure à celle du fourgon. De l’extérieur, elle se distingue notamment par des rétroviseurs plus hauts et par un hayon arrière qui remplace les portes. Depuis décembre 2009, le NV200 est fabriqué à l’usine Nissan de Barcelone en Espagne, sur la même ligne que celle des Nissan Primastar et Renault Trafic. En Europe, le constructeur prévoit d’écouler environ 35 000 unités par an de ce nouvel utilitaire, toutes versions confondues. Les principales évolutions attendues dans l’immédiat seront des motorisations alternatives avec une version gaz naturel du moteur essence, puis un NV200tout électrique. Pour ce dernier, la marque japonaise annonce un modèle de série pour fin 2011 ou début 2012. Les batteries Lithium-Ion devraient être situées entre les roues, le moteur électrique de 80 kW serait à la place du thermique. La charge utile serait préservée autour de 500 kg. Parmi les points devant encore évoluer figure l’autonomie qui, actuellement fixée autour de 160 km, est jugée trop faible par les ingénieurs de Nissan.
Texte : Bruno Téreygeol - Photos : DR |