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Essais - Van of the year

Le pari gagnant des triplés

Avec leurs triplés Bipper/Fiorino/Nemo commercialisés dès le printemps 2008, les groupes Fiat et PSA (Peugeot / Citroën) ont créé une nouvelle race de fourgonnettes profilées pour le transport léger du 21ème siècle en milieu urbain. Salué en 2009 par le trophée du Van of the Year, ce pari est aujourd’hui gagné sur le marché.

 



De Turquie, où ils sont assemblés, jusqu’en Grande- Bretagne ou en France, dans la grande Europe, les fourgonnettes Fiorino / Bipper / Nemo de Fiat/ PSA ont été commercialisées à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires depuis leur lancement commercial au printemps 2008. Élues International Van of the Year pour l’année 2009, elles ont inauguré une nouvelle niche sur le marché de l’utilitaire, entre les dérivés de véhicules particuliers et les fourgonnettes plus lourdes comme les Berlingo/Doblo/Partner.  Chez Fiat Professional, on situe précisément le Fiorino en bas du segment 1B des fourgonnettes, en concurrence avec ses clones Citroën/Peugeot, la Dacia Logan Van, les Piaggio et le Renault Kangoo Express. Ce créneau, qui représentait en France 517 immatriculations annuelles en 2007, a explosé dès 2008 pour atteindre 17 011 ventes, puis 25 119 en 2009. La part de marché du Fiorino y a atteint 16 % en 2008, avant de revenir à 7,6 % en 2009 et de rester stable depuis. « Avec 2 411 immatriculations en 2009, dont 200 versions combi munies d’une banquette passager amovible, le Fiorino est bien installé sur le marché », indique Patrice Bergonzi, directeur de Fiat Professional France, qui ajoute « mais il n’a pas encore donné toute sa mesure. En 2009, nous avons cédé du terrain face à l’offensive commerciale de Renault avec le Kangoo express et la Dacia Logan Van. Pour mieux résister à cette concurrence sans brader le Fiorino, nous avons profité de la fin de vie du Doblo ancienne génération, que nous avons proposé à des tarifs très attractifs. Moyennant quoi, ce dernier a capté 15 à 20 % de la clientèle du Fiorino. Aujourd’hui, le nouveau Doblo est arrivé, il élargit le segment 1B vers le haut grâce à ses versions à empattement long et le Fiorino reste un véhicule de conquête, qui bénéficie de l’argument important de la porte latérale coulissante de série ». Sa gamme s’est enrichie, en 2009, d’une version Pack Pro destinée à des clients tels que les artisans du BTP, les Eaux et Forêts, EDF, tous ceux qui doivent évoluer sur des revêtements irréguliers. Pour un supplément de 500 e HT, ils peuvent ainsi acquérir un Fiorino à motricité renforcée, toujours en traction avant mais avec un différentiel électronique ainsi qu’une protection moteur, une suspension réhaussée de 3 cm, des jantes en tôle de 15 pouces, des jupes latérales et des bandes de protection de la carrosserie.

Fier de son Bipper

Une offre équivalente est apparue en même temps au catalogue des Citroën Nemo et Peugeot Bipper. Ce dernier est l’objet d’une « grande satisfaction » pour Dominique Satre, chef de produit utilitaires monde chez Peugeot : « en 2009, première année pleine de commercialisation, le Bipper affiche une part de 5% sur un marché européen des fourgonnettes qui a absorbé 372 200 véhicules. Ce dernier, en baisse de 15 % par rapport à 2008, repart à la hausse avec un regain de 22 % sur les premiers mois de 2010. Dans cet inversement de tendance, le Bipper continue de progresser avec une part de marché européenne de 5,5 % pour les autre premiers mois de cette année, au cours desquels il a été immatriculé à 58 000 unités en Europe et 19 000 en France ». Le petit dernier ne s’est pas contenté de bouleverser la donne du marché, il reflète aussi un changement de comportement de la clientèle. Celle-ci, composée à 75% d’entreprises de 0 à 9 salariés, exprime comme principal critère de choix le rapport prix/équipement, avant le volume utile alors que traditionnellement, sur le marché des fourgonnettes, c’est la proximité du réseau qui l’emporte. Si ce dernier reste indispensable pour concrétiser l’achat, le choix de l’acquéreur est de plus en plus souvent déterminé à l’avance, en se basant sur les informations disponibles sur l’internet, autant pour les éventuelles promotions que pour la configuration du véhicule. La crise économique est aussi passée par là pour imposer des choix plus raisonnés et pour réduire la part traditionnellement importante des clients du BTP, au profit de ceux des services. À noter que les marques françaises présenteront à la rentrée 2010 un nouveau moteur Euro 5 avec filtre à particules, système Start & Stop et 5 ch de plus (75 au lieu de 70) tout en proposant l’ESP (système anti-renversement électronique) en option. Le Fiorino devrait évoluer de même. Les autres caractéristiques des triplés ne changeront pas. À commencer par les dimensions.

Profil urbain

Avec 3,86 m de longueur hors tout, 1,71 m de large, 1,72 m de haut, le véhicule est un petit gabarit idéal pour la ville ou la campagne. C’est essentiellement en milieu urbain qu’il a trouvé sa clientèle, qui apprécie l’option des capteurs dans le pare-chocs arrière avec avertisseurs de proximité sonores et lumineux pour faciliter les manoeuvres. Le volume utile de 2,3 m3 se marie avec une charge maximum de 610 kg, conducteur compris. Pour gagner encore 0,5 m3 et glisser à bord des objets atteignant la longueur de 2,5 m, il faut prendre l’option siège passager escamotable avec cloison de séparation articulée. En série, c’est une grille fixe qui sépare le chargement du poste de conduite. Elle peut être remplacée par une cloison.
Proposée en série, la porte coulissante latérale explique en partie le succès des véhicules. Moyennant supplément, elle peut être complétée par une seconde de l’autre côté. À l’arrière, les ouvrants sont asymétriques et se déploient jusqu’à 180° pour donner accès à un espace de chargement quasi cubique (largeur maxi 1 473 mm, mini 1 046 mm aux passages de roues) dans lequel se glisse aisément une europalette de 800 x 1 200 mm, qui pourra être solidement arrimée grâce à six anneaux de fixation au plancher. À vide, ce dernier est situé à 527 mm du sol, ce qui facilite les manutentions.
Freins à disques et suspension à roues indépendantes à l’avant sont complétés par des tambours et un essieu rigide avec barre de torsion à l’arrière, le tout avec ABS. Les suspensions fermes sont conçues pour privilégier la charge par rapport au confort. Le design extérieur n’a pas vieilli depuis deux ans. Il permet une identification flatteuse de l’entreprise dont il porte les couleurs. Museau et ailes proéminents sont prévus pour résister à tous les petits chocs quotidiens de la vie en milieu urbain.

Diesel, essence ou gaz

À l’intérieur, le tableau de bord est complet, avec tachymètre et compte-tours. Vitres et rétroviseurs sont électriques. La condamnation centralisée dispose d’une télécommande et d’une fermeture sélective des accès. Le professionnel trouvera plusieurs rangements utiles mais devra puiser parmi les options pour disposer d’une tablette écritoire sur la console centrale. Celle-ci surplombe un décrochement sur lequel est installé le levier de la boîte de vitesses. Les trois marques proposent les mêmes transmissions, manuelle à cinq rapport ou bien robotisée à six rapports en option, ainsi qu’un moteur essence de 1,4 l dédaigné par le marché. Ce dernier permet cependant à Fiat de proposer une version gaz naturel du Fiorino. Celle-ci n’a aucun succès en France, hormis auprès de clients spécifiques comme Gaz de France. En revanche, elle plaît en Italie ou en Allemagne grâce à de fortes incitations fiscales. Pour les versions diesel, Peugeot et Citroën avancent le même quatre cylindres 1,4 l de 70 ch avec un couple maxi de 160 Nm à 1750 tr/mn. Avec la future version Euro 5, ils rattraperont Fiat qui proposait d’emblée 5 ch et 30 Nm de couple en plus avec son 1,3 l multijet.

Texte : Bruno Téreygeol - Photos : DR


 

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