En mai dernier, GNVert et Iveco ont investi la plate-forme de Savada, filiale logistique de Monoprix, pour présenter à leurs clients et prospects la station GNVert de Paris-Bercy et leurs solutions de mobilité durable.
« Le GNV n’est pas une solution expérimentale à peine sortie des départements de recherche & développement des constructeurs, mais bel et bien une énergie et des technologies éprouvées depuis plusieurs années. » Karine Vernier, présidente de GNVert, filiale à 100 % du groupe GDF Suez, ouvrait ainsi la journée de présentation du GNV organisé à Paris en partenariat avec Iveco.
Depuis sa création en 1998, GNVert a financé, construit et exploite plus de 140 stations de remplissage de GNV en France dont 110 dédiées aux véhicules légers et 27 ouvertes à des utilisateurs multiples. Aujourd’hui, plus de 4 000 véhicules légers roulent au GNV sur le territoire français. Des entreprises comme Sodexo, la SNCF, GrDF ou encore ERDF ont intégré de tels véhicules au sein de leurs flottes. Autorisé dans tous les parkings et souterrains, le GNV, gaz naturel compressé à 200 bars dans les réservoirs, autorise des autonomies qui vont de 300 à 500 kilomètres pour un plein réalisé en 2 à 5 minutes. Parfaitement sûr, le GNV ne s’enflamme qu’à des températures très élevées. Il affiche des performances écologiques particulièrement intéressantes : 80 % de réduction des émissions d’oxyde d’azote, 95 % de réduction des émissions de particules fines, des pollutions sonores diminuées de moitié, des émissions de CO2 réduites d’un quart par rapport à un moteur essence et de 5 % par rapport à un moteur diesel.
La traque aux polluants locaux
Si les performances en matières de CO2 restent modestes par rapport au diesel, en revanche le GNV s’affirme comme un carburant particulièrement efficace en matière de polluants locaux. Particulièrement dangereux pour la santé, les particules fines et l’oxyde d’azote provoquent notamment des maladies du système respiratoire et sont responsables de nombreux décès prématurés. En mai dernier, la Commission Européenne a décidé de saisir la cour de justice européenne pour contraindre la France à respecter la directive sur la qualité de l’air qui est en application depuis 2005. Quinze villes françaises dont Bordeaux, Paris, Marseille, Lyon ou encore Lille sont dans le collimateur de Bruxelles. 
Le GNV est une réponse adaptée à l’amélioration de la qualité de l’air et devrait s’imposer davantage grâce à la mise en place des ZAPA (Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air). De plus, GNVert rappelle que le prix du gaz est inférieur à celui du pétrole et assure que les tarifs au litre du GNV décroissent quand les volumes consommés par l’entreprise augmentent. En effet, les frais liés à l’installation de la station et à sa maintenance pèsent pour 40 % dans le prix de revient du GNV.
Particulièrement en avance sur ce dossier, Iveco a livré ses premiers poids lourds GNV en 1998. Aujourd’hui, au niveau européen, Iveco détient 70 % du marché des véhicules GNV avec une gamme de 11 modèles qui vont des utilitaires légers EcoDaily au poids lourd de 44 tonnes. Selon Iveco, l’EcoDaily Natural Power carburant au GNV affiche des performances supérieures à celles de la version diesel. De plus, il embarque un réservoir de secours de 15 litres de SP 95. Utilitaire de l’année 2010, l’EcoDaily répond déjà aux exigences de la norme Euro 6 qui ne rentera en vigueur qu’en 2016. Quant au surcoût à l’achat de l’EcoDaily GNV 3,5 tonnes, Iveco assure qu’il est amorti en deux ans et demi avec un gazole à 1,1 euro HT le litre et un GNV à 0,83 euro HT du kilogramme. Bref, écologique, le GNV s’affirme également comme un carburant économique.
Un avenir encore plus vert
Si du puit à la roue, le bilan environnemental plaide déjà pour le GNV, le Bio-méthane devrait encore renforcer l’attrait de cette technologie sur le plan écologique. Fabriqué à partir des déchets, des ordures ménagères, du lisier ou de la biomasse, ce Bio-GNV peut être distribué dans les stations existantes et utilisé par les véhicules actuels. Avec cette ressource inépuisable et renouvelable, le GNV devient un carburant encore plus vert. Implantée à Sequedin près de Lille, une première station distribue déjà ce Bio-GNV. Aujourd’hui, le GNV répond à des besoins de distribution et de déplacements régionaux. Pour augmenter l’autonomie, des solutions hybrides industrielles existent déjà avec des bennes à ordures ménagères aménagées sur un châssis Iveco GNV Hybride. Toyota a également mis au point un prototype de Prius GNV.
Mais, dans un avenir proche, GNVert et Iveco misent sur le GNL, le gaz naturel liquéfié, qui offrira une autonomie trois fois plus importante que le GNV traditionnel et permettra de parcourir de longue distance pour un prix et un bilan environnemental encore plus favorable. Iveco teste actuellement 15 véhicules GNL aux Pays-Bas. Pour Clément Chandon, directeur produit chez Iveco France, « Le GNL sera le carburant propre universel de demain ».
par Eric Gibory
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